La Guerison de Tomasa©

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Ecrit et illustré par De Dorman

Cette histoire vraie s’est passée au Texas en 1932. 

C’est dans la campagne mexicaine, non loin de la ville de Mexico, que vivait Tomasa Benitez, une fillette enjouée de neuf ans. Elle habitait une petite maison à la sortie de la ville, avec sa grand-mère « Abuelita Maria » et ses parents Mami et Papi.

Tomasa aimait particulièrement le réveil au chant du coq car, sa petite poulette apprivoisée, Gabby, venait à ce moment-là lui picorer la main jusqu’à ce qu’elle émerge enfin du sommeil. Gabby n’était pas seulement un animal familier à nourrir et abreuver. C’était l’amie bien-aimée de la fillette, celle qui suivait sa Tomasa partout où elle allait. Si Tomasa voulait jouer au bac à sable, Gabby suivait juste derrière, gloussant joyeusement sur le chemin. Tomasa avait même essayé discrètement de l’introduire à l’école, mais Gabby avait été gentiment renvoyée à la maison.
On était à l’époque de la récolte des melons, et Mami et Papi étaient déjà au travail dans les champs quand Tomasa se prépara à partir pour l‘école. Abuela veillait à ce que sa petite Tomasa ait tout ce dont elle avait besoin avant de partir pour la classe, et surtout de nombreux câlins et bisous.
« Plus que deux jours d’école, Abuela, et ça sera les grandes vacances ! » dit Tomasa en donnant à sa grand-mère sa ration de câlins et de bisous. « Je pourrai alors passer mes journées à jouer avec Gabby, mais aussi à t’aider dans la maison ».
« Tomasita » répondit Abuela « Fais bien attention sur le chemin de l’école, et rappelle-toi de bien rester à l’ombre, car il semble que la journée sera très chaude aujourd’hui. »
« D’accord, Abuela, je ferai bien attention ! » Tomasa prit une part de tortilla et se retrouva dehors avant même que Gabby ait réalisé ce qui se passait. Quant à Tomasa, elle savait que sa grand-mère l’aimait tendrement et aussi qu’elle priait constamment pour elle.
Les deux jours qui suivirent s’écoulèrent avec lenteur et chaleur, mais enfin on était en vacances : l’école était finie !

« Chouette ! Aujourd’hui, je peux prendre le temps de jouer avec Gabby » pensa Tomasa. « Alors Gabby ! Dis-moi ce que tu veux qu’on fasse maintenant ? » dit la fillette en saisissant sa petite poulette. « Et si on allait jouer au bac à sable ? » Gabby répondit en gloussant et ébouriffant ses plumes blanches.
Une délicieuse odeur de tortilla annonçait que le petit déjeuner était prêt. Posant Gabby à terre, Tomasa se lava les mains et courut à la cuisine. Elle avait l’habitude d’attendre que sa grand-mère ait dit « Merci Jésus » avant de prendre son repas.
« Abuela aime beaucoup Jésus » se disait Tomasa « Peut-être que moi aussi un jour, je serai comme elle ! » Mais pour l’instant, jouer était le seul but que Tomasa s’était fixé pour la journée, et elle s’était déjà précipitée à l’extérieur, avec Gabby sur les talons.
Le bac à sable était en fait un vieux pneu de tracteur que Papi, son papa avait installé dans le jardin et rempli de sable fin du désert. Tomasa pouvait y rester des heures à jouer dans la fraîcheur du matin, ou bien le soir au coucher du soleil. Elle raffolait de la sensation du sable fin sur ses pieds nus. Gabby pouvait aussi sauter dans le vieux pneu et gratter le sable à la recherche d’insectes croustillants. Pourtant ce matin-là, il n’y avait rien à faire, Gabby refusait catégoriquement d’approcher du pneu. Elle poussait d’inhabituels cris rauques et gloussait tellement que Tomasa décida de l’enfermer au poulailler jusqu’à ce qu’elle soit calmée.
« Gabby, qu’est-ce qui t’arrive ? » dit la fillette en ouvrant la porte de l’enclos. « Quand tu seras redevenue tranquille, je viendrai te chercher. D’accord ? » Gabby avait fait tellement de chahut qu’Abuela s’était penchée à la fenêtre de la cuisine, et demandait si il y avait un souci. Tomasa la rassura et annonça que tout allait bien. « Appelle-moi si tu as un problème » dit Abuela, avant de retourner au rangement de la vaisselle.
Tomasa avait toujours dans l’idée de jouer au sable, et elle délaça ses chaussures. Elle eut un instant l’impression d’entendre un léger bruit dans le pneu, mais jetant un œil alentours, elle ne vit rien et pensa avoir confondu avec un son en provenance de la ferme voisine. Elle se débarrassa de ses chaussures et se précipita vers le pneu où l’attendait le sable frais.

En entrant dans le pneu, elle entendit à nouveau le bruit furtif, mais avant qu’elle ait pu réagir, un grand serpent à sonnettes s’élança et mordit son genou gauche, puis s’enfuit rapidement. Il était caché dans le pneu depuis le début ! Abuela entendit des hurlements de douleur et de terreur et accourut précipitamment pour voir ce qui s’était passé.
A la vue du genou, la vieille femme sut que c’était une morsure de serpent à sonnettes. Elle savait aussi exactement ce qu’il fallait faire rapidement avant que le poison n’ait pu diffuser jusqu’au cœur de l’enfant. En premier, il s’agissait de trouver une corde et de serrer la jambe en garrot au-dessus du genou pour limiter la propagation du venin vers le cœur.
« Tomasa, écoute-moi bien, » dit Abuela d’une voix très calme, « Il nous faut aller au plus vite chez le docteur Salvador ». Et elle prit la fillette dans ses bras tout en criant à Dieu dans son cœur pour son aide.
Le docteur demeurait à quelques rues de là et elles y arrivèrent rapidement. Le genou de Tomasa était déjà très rouge et enflé à cause du poison. Sa température était aussi en train de grimper dangereusement.
« Nous devons agir très vite, Maria » annonça le docteur Salvador. « Je vais inciser la morsure et pomper le poison, mais j’ai ici peu de matériel médical pour œuvrer. « Cours aussi vite que tu le peux, et rapporte-moi un animal que nous utiliserons pour transférer le poison hors du corps de cette enfant avant qu’il ne soit trop tard ! »

Bien qu’ils n’aient eu qu’un seul animal domestique à la maison, la grand-mère ne se posait aucune question quant à ce qui devait être fait. Il n’y avait pas une minute à perdre !
« Entre Gabby et ma petite Tomasita, je n’hésite pas une seconde ! » Et Abuela se précipita vers le poulailler et saisit Gabby. « Oh ! Je comprends maintenant pourquoi Gabby a fait tout ce raffut et avait ce comportement si bizarre ce matin. » se dit Abuela. «Elle voulait prévenir Tomasa du danger car elle avait senti la présence du serpent. »
Abuela tenait Gabby fortement de ses deux mains lors du retour rapide vers le cabinet du médecin. Entre temps, Tomasa était devenue inconsciente, et son corps, saisi par une forte fièvre, était couvert de sueur. Le médecin avait déjà pratiqué une incision et avait ainsi drainé un peu de poison. Il savait qu’il fallait en drainer bien plus et fut soulagé à la vue de la grand-mère qui tenait Gabby dans ses mains !
Il saisit aussitôt la poulette et fit la seule chose qui pouvait encore sauver la vie de la fillette. Avec un couteau aiguisé, il fit une petite incision au cou de l’animal et l’appliqua sur la plaie ouverte du genou de Tomasa.
Etait-ce déjà trop tard ? Est-ce que cette petite poulette pourrait absorber assez du poison hors du corps de Tomasa pour la sauver de la mort ? Oui, le plan de guérison du docteur Salvador allait marcher, mais à quel prix ! Alors que la fièvre descendait et que l’enflure du genou s’atténuait chez Tomasa, Gabby ne tardait pas à mourir de l’effet du poison transféré dans son tout petit corps.
Comment s’y prendre maintenant pour annoncer à Tomasa lors de son réveil la mort de sa poulette chérie. Tomasa aimait tellement Gabby ! Abuela pria et demanda à Dieu de lui inspirer la manière d’annoncer délicatement la nouvelle au réveil de l’enfant.

Quelques heures plus tard, Tomasa était bien réveillée. Elle ressentait d’intenses douleurs et remarqua la cicatrice à sa jambe. « Abuela, d’où vient cette coupure, là sur mon genou ? » demanda-t-elle.
Abuela lui expliqua gentiment ce que le docteur avait du faire pour lui sauver la vie. Des larmes coulèrent de ses yeux lors que Tomasa découvrit que Gabby était morte à cause de ce même poison qui aurait du la tuer elle.
« Abuelita, c’est Gabby qui m’a sauvé la vie, n’est-ce pas ? » demanda doucement Tomasa, pensive.
« Oui, ma chérie ! Elle t’a vraiment sauvé la vie. » Les quelques minutes qui suivirent furent lourdes de silence, et pourtant, il vint à Abuela une pensée merveilleuse.

« Ce qui t’arrive me fait penser à Quelqu’un d’autre qui est mort pour que tu puisses vivre. Vois-tu de qui je veux parler ? » demanda Abuela. Alors que sa grand-mère posait la question, Tomasa commençait à entrevoir combien Dieu l’aimait. D’une toute petite voix, ce fut la bonne réponse. « Oh ! Abuela, c’est de Jésus dont tu parles, n’est-ce pas ? »
Hochant la tête, Abuela expliqua à nouveau à la petite le grand amour de Dieu à l’aide de l’évangile de Jean chapitre 3 verset 16. « Dieu aimait son fils unique, mais Il voyait aussi notre grand besoin de salut et c’est pour nous sauver qu’Il a donné son fils unique, parce qu’Il nous aime ! Sans Christ, nous sommes tous infectés de ce poison qui s’appelle le péché, et nous sommes assurés de mourir en conséquence, » poursuivit la grand-mère. « Tu vois, la Bible nous dit que tous ont péché … (Romains 3 :23) ». Alors que Tomasa se souvenait de certains des péchés qu’elle avait commis, Abuela lui demanda si elle se souvenait de ce que disait Romains 6 :23. 
Tomasa connaissait ce passage, elle l’avait souvent entendu. Elle le cita de mémoire « Car le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ. » Elle comprit soudain la valeur immense du salut : ça avait coûté à Jésus de donner sa propre vie. Elle en comprenait maintenant le prix. Ses yeux s’embuèrent et à travers ses larmes, elle dit à sa grand-mère qu’elle voulait demander à Jésus de pardonner ses péchés et de vivre dans son cœur. Abuela inclina sa tête et écouta la prière courte, mais sincère de Tomasa. Comme il était merveilleux pour Tomasa d’être toute propre au fond de son cœur ! (Psaume 51 :7)

Abuela serra Tomasa contre elle, la fillette réalisa autre chose. « Cela me rend bien triste de penser que Dieu a dû permettre cette morsure et ses conséquences pour que je puisse croire et recevoir la vie éternelle ! Dieu devait être si attristé de voir Jésus mourir sur la croix, un peu comme moi, je suis bien peinée de la mort de Gabby. »
« Oui, Tomasa, c’est vrai. » répondit Abuela. « Mais tu dois savoir aussi qu’il y a une bonne nouvelle ; c’est que Jésus est revenu à la vie. C’était le plan que Dieu avait depuis le début. » La peine avait fait place à la joie dans le cœur d’Abuela. Tomasa écoutait attentivement sa grand-mère. « En fait, on peut dire qu’aujourd’hui, tu as eu une double guérison ma petite! » « C’est vrai, Grand-mère, j’ai été guérie en dedans comme en dehors » acquiesça Tomasa en essuyant les larmes de ses yeux. 

Un peu plus tard, sur le chemin du retour, du cabinet du docteur vers la maison, Abuela faisait remarquer qu’elles auraient bien des choses à raconter à Papi et Mami ce soir-là. C’est alors que Tomasa, portée par sa grand-mère, leva les yeux vers celle-ci et lui dit : « Abuelita, tu es la meilleure de toutes les grands-mères pour moi ! » Et cette parole-là, c’était le meilleur des encouragements pour le cœur plein d’amour de cette grand-mère-là !

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Mots d’origine espagnole:

Abuela : Grand-mère
Abuelita : Mamie
Papi : papa
Mami : Maman
Querida : Chérie

Passages de la Bible cités :

Jean 3 :16
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.

Romains 3 :23
Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu;

Romains 6 :23
Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.

Psaume 51 :7b
Voici, je suis né dans l'iniquité, Et ma mère m'a conçu dans le péché.

1 Jean 4 :14
Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.

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